Pitol, Sergio (1933-....)
Biographie
Écrivain voyageur et diplomate, Sergio Pitol Demeneghi est né le 18 mars 1933 à Puebla, au Mexique. Né d'une famille originaire de Veracruz, il passe son enfance à Potrero, dans une propriété spécialisée dans la production sucrière. Il fait ses études à Córdoba (Veracruz). En 1953, il voyage à Cuba et au Venezuela. Il passe l'hiver 1957 à New York. En 1958, à l'initiative de Carlos Monsiváis et de José Emilio Pacheco, il collabore à la revue Estaciones, où sont publiées ses premières nouvelles. En 1961, il voyage en Europe (Londres, Paris, Genève) et s'installe pendant près d'un an à Rome. Il passe toute l'année 1962 à Pékin, avant d'aller s'installer à Varsovie (Pologne), de 1963 à 1966. En 1966, il rentre au Mexique et s'installe à Xalapa. En 1968, il repart pour l'Europe et devient attaché culturel à Belgrade, poste auquel il renonce à la fin de l'année suite au massacre de Tlatelolco à Mexico, quelques jours avant l'ouverture des Jeux olympiques d'été de 1968 (Octavio Paz, alors ambassadeur du Mexique en Inde, démissionnera lui aussi de son poste en signe de protestation). En 1969, il s'installe à Barcelone, où il restera jusqu'en 1971, collaborant avec de nombreuses maisons d'édition (Anagrama, Tusquets, Seix Barral).
C'est à Barcelone qu'il achève son premier roman, qu'il aura mis des années à écrire : El tañido de una flauta (1971). Suivront Juegos Florales (non traduit en français) en 1982, El desfile del amor (Parade d'amour) en 1984, Domar a la divina garza (Mater la divine garce) en 1988, La vida conyugal (La vie conjugale) en 1990.
En 1999, El desfile del amor, Domar a la divina garza et La vida conyugal sont réunis dans un triptyque sous le titre : Triptico del carnaval, avec une préface d'Antonio Tabucchi, grand ami de l'auteur.
À partir de la fin des années 1990, Sergio Pitol délaisse quelque peu le roman et la nouvelle et s'adonne à un nouveau genre, qui mêle harmonieusement le récit autobiographique, l'essai, la fiction romanesque et le récit de voyage. Ce sont ainsi El arte de la fuga (L'art de la fugue) en 1996, El viaje (Le voyage) en 2000 et, enfin, El mago de Viena (non traduit en français) en 2005. Ces trois volumes sont ensuite eux aussi réunis dans un triptyque : Trilogia de la memoria (2007).
Essentiellement nouvelliste et romancier, Sergio Pitol est aussi essayiste et critique d’art. Il est souvent rangé dans ce que l'on appelle la "Génération du Demi-Siècle" (Generacion del Medio Siglo), qui rassemble des auteurs nés dans les années 1925-1935 au Mexique et qui commencent à publier dans les années cinquante. Parmi eux, Sergio Fernandez (1926), Tomás Segovia (1927-2011), Carlos Valdés (1928), Inés Arredondo (1928-1989), Jorge Ibargüengoitia (1928-1983), Juan Vicente Melo (1932-1996), Julieta Campos (1932-2007), Elena Poniatowska (1933), Huberto Batis (1934), José de la Colina (1934), Salvador Elizondo (1932-2006) et Juan Garcia Ponce (1932-2003).
Sergio Pitol s’est également distingué par son travail de traducteur, ayant traduit en espagnol à la fois des auteurs italiens (Giorgio Bassani, Giuseppe Berto), anglais et américains (Jane Austen, Joseph Conrad, Ford Madox Ford, Robert Graves, Henry James), polonais (Jerzy Andrzejewski, Kazimierz Brandys, Witold Gombrowicz) et russes (Anton Tchekhov, Boris Pilniak). L'œuvre de Sergio Pitol est aujourd’hui traduite dans une dizaine de langues.
Au cours de sa longue carrière de diplomate, il a occupé les postes d’Attaché Culturel à Belgrade (1968), Varsovie (1972), de Conseiller Culturel à Paris (1975), Budapest (1976) et Moscou (1977-1979), avant de terminer sa carrière comme Ambassadeur du Mexique à Prague (1983-1988).
Moins diffusé en France que ses aînés Carlos Fuentes et Octavio Paz, il accède à une reconnaissance internationale à partir de l'obtention du IX prix Juan Rulfo de littérature latino-américaine et des Caraïbes, en 1999, qui permet au grand public de le découvrir. Au Mexique, il est reconnu comme un maître par les générations qui lui ont succédé : qu'il s'agisse des écrivains nés dans les années 1950 (Carmen Boullosa, Juan Villoro, Mario Bellatin) ; ou des écrivains nés dans les années 68-70, comme les membres du Crack (Jorge Volpi, Ignacio Padilla, Pedro Angel Palou, Eloy Urroz) ou encore Álvaro Enrigue.