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Muchembled, Robert (1944-....)

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Biographie

Formation

En 1967, Robert Muchembled est agrégé d'histoire, puis, en 1985, est docteur d'État pour une thèse intitulée « Violence et Société. Comportements populaires et mentalités en Artois de 1400 à 1660 ».

Carrière universitaire

Successivement professeur à l'École normale de Lille, assistant, puis maître de conférences à l'Université de Lille III de 1969 à 1986, il devient ensuite professeur d'histoire moderne à l'Université Paris-XIII (Paris-Nord).

Apport à l'histoire sociale de la France moderne

Ses recherches sont orientées vers l'histoire sociale, l'anthropologie du pouvoir, la criminalité et la vie matérielle entre 1400 et 1789. Il s'est notamment penché sur les oppositions, voire les conflits, qui ont pu exister, à l'époque moderne, entre une culture populaire et une culture des élites. L'étude des procès de sorcellerie lui a permis d'argumenter en ce sens.

Robert Muchembled s'est en effet beaucoup intéressé au phénomène de la sorcellerie. Cela avait déjà été le cas de Robert Mandrou (Magistrats et sorciers au {{XVIIe}} siècle). Mais, si Robert Mandrou se posait la question : « Pourquoi, au {{s}}, a-t-on cessé de poursuivre les sorciers ? », Robert Muchembled se demande, lui : « Pourquoi avait-on commencé à les poursuivre ? ». Dans Le Roi et la Sorcière, il s'appuie notamment sur une analyse quantitative dans le cadre européen pour mettre en relief un fait : les régions dans lesquelles les persécutions pour fait de sorcellerie ont été les plus nombreuses dessinent un arc qui va des Pays-Bas au nord de l'Italie. Autrement dit : 1/ des régions "coincées" entre la France et l'Empire (nord de la France actuelle, Lorraine, Franche-Comté) ; 2/ des régions qui suivent la frontière entre une Europe catholique et une Europe protestante et qui sont autant de marges à "tenir", dans un camp comme dans l'autre.