Eaubonne, Françoise d' (1920-2005)
Biographie
Troisième enfant du comte Étienne d'Eaubonne, un anarchiste chrétien originaire de Bretagne, co-fondateur du Parti fasciste révolutionnaire et membre du Sillon, et de Rosita Martinez Franco, une fille de révolutionnaire espagnol carliste{{refins}}, son enfance toulousaine est marquée par le déclin physique de son père dû aux effets des gaz dans les tranchées de la Première Guerre mondiale. Elle a seize ans quand éclate la guerre d'Espagne, dix-neuf ans quand elle voit arriver les républicains en exil. De 20 à 25 ans, elle subit les privations propres à l'époque et rencontre à la Libération, dans une grande gare parisienne, les rescapés juifs de retour des camps. Elle résumera plus tard son sentiment sur cette période de sa vie sous le titre évocateur de Chienne de jeunesse.
Cette enfance plaquée sur une personnalité hypersensible la conduit à porter sur le monde un regard critique qui façonnera la militante radicale et féministe. Un temps membre du Parti communiste français, elle milite activement contre la guerre d'Algérie et en septembre 1960, signe le Manifeste des 121.
Cofondatrice du Mouvement de libération des femmes (MLF) dans les années 1960, signataire du Manifeste des 343 pour le droit à l'avortement, elle lance le FHAR (Front homosexuel d'action révolutionnaire) avec l'écrivain et journaliste Guy Hocquenghem et Anne-Marie Grélois en 1972. Au sein du MLF, elle anime également le groupe « Écologie et féminisme ». À l'origine du mot « phallocrate », du terme écoféminisme en 1974, elle fonde l'association Écologie-Féminisme en 1978. Cette vie littéraire et militante se croise avec celles de Colette, Jean Cocteau, Simone de Beauvoir dont elle fut une amie très proche, et de Jean-Paul Sartre.
Elle est mère de deux enfants, Indiana et Vincent. Elle meurt à Paris le {{Date de mort}} et est incinérée au cimetière du Père-Lachaise, à Paris.
Prix et distinctions
- Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres