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Isherwood, Christopher (1904-1986)

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Biographie

Enfance et jeunesse

Un an après le mariage de sa mère Kathleen et de son père Frank revenu de la guerre des Boers, Christopher Isherwood voit le jour à Wyberslegh Hall, High Lane à Disley. Dans sa petite enfance, il habite à divers endroits au gré des affectations de son père qui est lieutenant-colonel dans l'armée britannique. De 1914 à 1918, il étudie à l'école Saint-Edmund dans le Surrey où il rencontre {{nobr}} dont il restera l'ami tout au long de sa vie. En {{date}}, son père est tué en menant un assaut désespéré lors de la deuxième bataille d'Ypres. De 1919 à 1922, il étudie à Repton School où il fait la connaissance de Edward Upward. De 1923 à 1925, lors de ses études au Corpus Christi College de Cambridge, Auden lui fait connaître Stephen Spender avec lequel il était à l'université d'Oxford. Il quitte cet établissement en 1925 sans obtenir de diplôme car il échoue délibérément à ses examens. Pendant cinq ans, il va vivre avec le violoniste français André Mangeot en tant que secrétaire de son quatuor à cordes. Simultanément, il va gagner sa vie en donnant des cours particuliers, de 1928 à 1929, étudier la médecine au King's College à Londres qu'il va quitter au bout de six mois et à l'occasion conseiller Auden qui lui envoie ses poèmes pour qu'il les commente. En 1928, il écrit sa première nouvelle {{lang}}, un pastiche de la littérature à la mode, dont l'anti-héros est un jeune homme étouffé psychologiquement par sa mère.

Berlin

Rejetant l'élite conservatrice britannique qui ne comprendrait pas son attirance pour les hommes, en 1929, il se réfugie à Berlin, capitale culturelle de l'entre-deux-guerres et de la République de Weimar, où il compte passer quelques semaines avec Auden. Il va y rester jusqu'en 1933, année où le parti nazi prend le pouvoir et le chasse d'Allemagne.
Deux ans auparavant, en 1931, il avait rencontré Jean Ross, une actrice et chanteuse britannique, qui lui servira de modèle pour Sally Bowles, Gerald Hamilton qui lui servira de modèle pour {{M.}} et, en septembre, le poète William Plomer lui fait rencontrer Edward Morgan Forster qui devient rapidement son mentor (ce dernier lui léguera, en 1970, à sa mort, les droits d'auteur de Maurice). En 1932, il rencontre Gerald Heard et la même année écrit A quatre temps (en anglais : The Mémorial) qui exprime par le biais de la fiction les conflits qui l'opposent à sa mère.

Pendant ces quatre années, il va enseigner l'anglais et céder sans retenue à sa passion pour les beaux jeunes hommes dans cette société permissive. Ainsi il fera la connaissance d'Heinz Neddermeyer, son premier grand amour. Il écrit sur la vie sexuelle underground à Berlin ce qui servira à John Henry Mackay pour écrire {{nobr}} ({{nobr}}).
Ces années sont décrites dans son ouvrage Histoires berlinoises ({{lang}}), compilation de deux nouvelles : Mr. Norris change de train ({{lang}}) de 1935, et Adieu à Berlin ({{lang}}) de 1939. Cette dernière sera adaptée plus tard au théâtre sous le titre {{lien}} par John Van Druten, dont la première a lieu le {{date}} à Hartford dans le Connecticut. Le même mois la pièce est reprise à Broadway. En 1955, une première version cinématographique est réalisée par Henry Cornelius, Une fille comme ça ({{lang}}), et en 1966, à New York, John Kander et Fred Ebb en font une comédie musicale avec pour titre Cabaret, adaptée au cinéma, en 1972, par Bob Fosse, avec le film Cabaret, interprété notamment par Liza Minnelli qui tient le rôle de Sally Bowles.
Une plaque commémorative sur la maison où a vécu Isherwood, au {{numéro}}17 de la Nollendorfstraße dans le quartier de Schöneberg, rappelle son séjour à Berlin.

Avant-guerre

Durant les années précédant la Seconde Guerre mondiale, il voyage à travers l'Europe ; il séjourne à Copenhague, à Sintra et ailleurs et collabore à l'écriture de trois pièces de théâtre avec Auden : Le Chien sous la peau (1935), L'Ascension de F6 (1937) et Sur la frontière (1938). C'est pendant cette période qu'il écrit Le Lion et son ombre (1938), titre emprunté à une nouvelle qu'il comptait écrire, qui est le récit semi-autobiographique de son enfance et de sa jeunesse.

En 1938, Auden et Isherwood voyagent en Chine ravagée par la guerre civile et l'invasion japonaise ce qui leur fournira la matière pour écrire Journal de guerre en Chine (1939).

Vie américaine

Après un premier voyage aux États-Unis en {{date}}, il quitte à nouveau Londres avec Auden, le {{date}} pour arriver aux États-Unis le {{nobr}}. Après avoir passé quelques mois à New York avec Auden, au printemps, Isherwood s'installe au sud de la Californie où il gagne sa vie en écrivant des scénarios de films pour Hollywood et en donnant des cours tandis que Wystan Auden s'installe sur la côte Est. Cet exil est diversement apprécié en des temps où la Grande-Bretagne s'apprête à déclarer la guerre à l'Allemagne.

À Hollywood, en 1939, Isherwood continue ses rencontres spirituelles avec l'historien Gerald Heard, fondateur du monastère de Trabuco Canyon qu'il avait offert à la Vedanta Society de Californie du Sud. Il adhère à la philosophie hindouiste Védanta partagée notamment par Aldous Huxley, Bertrand Russell, Christopher Wood, John Yale et Jiddu Krishnamurti. Grâce à Huxley, Isherwood se lie d'amitié avec le compositeur russe Igor Stravinsky.

En {{date}}, il hérite de Wyberslegh Hall, le manoir élisabéthain que ses ancêtres, des fermiers prospères avaient acheté au {{s}} et donne ce bâtiment situé dans un vaste parc humide à son frère Richard. La même année, il embrasse la religion hindouiste à la suite de sa rencontre avec Swami Prabhavananda. Le livre {{lang}} relate cette relation décisive dans l'inspiration de l'écrivain britannique et les nombreuses traductions de textes de cette philosophie qu'il va faire tout au long de son existence vont influencer toute son œuvre littéraire.

À la veille de la seconde guerre mondiale, il devient pacifiste et pendant le conflit, de 1941 à 1942, il se rend à Haverford en Pennsylvanie, dans un foyer quaker, où il travaille avec des réfugiés allemands en tant qu'objecteur de conscience.

En 1943, il se rend dans un Centre Vedanta où il reste 6 mois. Il rencontre par hasard, dans une librairie de {{nobr}}, Ray Bradbury, des Chroniques martiennes duquel il fait une critique élogieuse. Cela stimule la carrière de l'écrivain de science-fiction et marque le début d'une amitié entre les deux hommes.

Le {{date}}, il obtient la citoyenneté américaine ce qui l'oblige à faire son service militaire mais, faisant valoir son volontariat de 1941 à 1942 auprès de réfugiés européens dans un foyer quaker, il obtient le statut d'objecteur de conscience. Il vit avec le photographe William (Bill) Caskey avec lequel il voyagera à travers l'Amérique du Sud en 1947. Il en tireront un livre Le Condor (1949) avec un texte d'Isherwood et des photographies de Caskey.

Donald Bachardy En 1953, le jour de la Saint-Valentin, (le 14 février), à 48 ans, il rencontre Don Bachardy âgé de 18 ans, au milieu d'amis sur la plage de Santa Monica. Jusqu'à sa mort, Isherwood, malgré des crises, partagera la vie de ce portraitiste américain. Ce couple, en raison de la différence d'âge fera jaser mais ils arriveront à s'intégrer à la société californienne et se feront de nombreux amis. Au début de leur vie commune, Isherwood va écrire Le Monde au crépuscule, méditation d'un jeune écrivain sur les échecs de sa vie conjugale et ses désirs homosexuels que Bachardy tapera à la machine à écrire. Leur vie commune sera illustrée par le film {{lang}} (2007).

De 1959 à 1962, Isherwood est sollicité pour donner des cours d'écriture au Collège d'État de Los Angeles, à l'université de Californie à Santa Barbara, {{nobr}} et finalement à Los Angeles de 1965 à 1966.

Le {{date}}, à 91 ans, sa mère meurt et il décide de ne pas se rendre à son enterrement. Un homme au singulier écrit en 1964, est sans doute son meilleur roman : la journée de George, un homosexuel dans la force de l'âge qui se retrouve seul après la mort de son ami. Ce récit est adapté au cinéma par Tom Ford en 2009 : A Single Man. La même année, il participe comme scénariste à la réalisation du film de Tony Richardson, Le Cher Disparu qui est une satire d'une ironie grinçante sur le business des entreprises privées de pompes funèbres aux États-Unis. En 1973, {{nobr}} et Jean Ross meurent. En 1975, il est nommé au Nebula Award, meilleure mise en scène, pour {{lang}} à la télévision, et obtient la médaille Brandeis pour ses fictions mais Swami Prabhavananda disparaît puis en 1979 c'est au tour de son frère Richard de décéder. En 1976, {{lang}} est publié et Heinz qui, entre temps, s'est marié et est devenu père d'un petit Christophe en hommage à leur amitié, en est très choqué ; ils ne se reverront plus. En 1981, on lui diagnostique un cancer de la prostate qui l'emportera le {{date}}, chez lui, à Santa Monica en Californie. Bachardy qui entre-temps est devenu un dessinateur renommé a exécuté pour la postérité les derniers portraits de son compagnon.