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Nadar (1820-1910)

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Biographie

Sa jeunesse

Grand, les cheveux roux, les yeux effarés, fantasque à la jeunesse vagabonde, il se définit lui-même comme {{citation}}.

Ses parents étaient d'origine lyonnaise. Son père, Victor Tournachon, imprimeur et libraire, s'était installé dans la capitale comme éditeur. Le jeune Gaspard-Félix fréquente différents internats de la région parisienne, alors que son père connaît des revers de fortune. Il étudie notamment au Collège Bourbon devenu le lycée Condorcet.

Contrairement à ce qu'affirment plusieurs sources{{,}}{{,}}, il n'a jamais fréquenté l'École des mines de Saint-Étienne. Gaspard-Félix commence en réalité des études de médecine à Lyon ; cependant sans soutien financier, à la mort de son père en 1837, il se voit obligé d'y renoncer pour gagner le pain quotidien de sa famille, dont il a désormais la charge et qui comprend sa mère et son jeune frère, Adrien Tournachon, plus jeune de cinq ans.

Ayant travaillé dans différentes rédactions de journaux lyonnais avant de revenir s'installer à Paris, il effectue divers travaux dans les « petites feuilles » de la presse parisienne. Il collabore à la fondation par Polydore Millaud d'un journal judiciaire, L'Audience, et fréquente le milieu de la jeunesse artistique popularisé par le roman de Murger : Scènes de la vie de bohème. Il commence à y côtoyer Gérard de Nerval, Charles Baudelaire et Théodore de Banville. Ses amis artistes le surnomment Tournadar à cause d'une habitude répandue dans la jeunesse rebelle vers 1840 de rajouter à la fin de certains mots la terminaison dar. Bientôt une abréviation transforme ce nom de guerre en pseudonyme Nadar.

La vie est très dure et il subsiste en utilisant divers expédients ; il écrit des romans, dessine des caricatures. Grâce à l'aide financière d'un ami, il se lance, à dix-neuf ans, dans l'aventure de la création d'une revue se voulant prestigieuse, Le Livre d'or, dont il devient le rédacteur en chef. Grâce à ses relations, il s'assure la collaboration de personnalités, dont Balzac, Alexandre Dumas, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Gavarni et Daumier. L'aventure est obligée de s'arrêter au troisième numéro.

Le caricaturiste

Après cet échec, Gaspard-Félix reprend du service dans les gazettes comme caricaturiste, tout en continuant à publier des nouvelles et des billets fantaisistes. À la veille de la révolution de 1848, il obtient la consécration avec son premier dessin-charge publié dans le journal Le Charivari.

Le {{Date}}, il s'engage avec son frère dans la légion polonaise, pour porter secours à la Pologne. Son passeport est au nom de Nadarsky. Il est fait prisonnier et confiné dans une mine, puis il refuse le rapatriement gratuit et revient à pied. Deux mois plus tard, il sera de retour à Paris, coiffé d'une chapka de couleur groseille, après un long voyage lors duquel il fut arrêté en Saxe par des représentants du gouvernement prussien.

Rapidement après son retour, il est engagé comme agent secret par l'éditeur Jules Hetzel, alors chef du cabinet du ministre des Affaires étrangères du gouvernement provisoire. Sa mission est de se renseigner sur d'éventuels mouvements de troupes russes à la frontière prussienne.

De retour à Paris, il reprend ses activités de caricaturiste auprès de petits journaux, tandis que sa renommée s'établit peu à peu. À partir de 1851, il s'attèle à un grand projet de Musée des gloires contemporaines, pour lequel, avec l'aide de plusieurs collaborateurs, il rencontre les grands hommes du moment afin de les dessiner. L'ensemble de ce travail concerne plus de trois cents grands hommes de l'époque sur un total de plus de 1000 vignettes et constitue un panthéon qui lui apportera la notoriété, sous le nom de Panthéon Nadar en quatre feuillets, dont un seul paraît.

Il n'hésite pas à caricaturer sa propre activité de photographe. Par exemple, dans le numéro 20 du "petit journal pour rire" dont il était rédacteur en chef, en première page, il y a une caricature signé Nadar dont le titre est "une théorie photographique par Nadar" avec pour commentaire : "Monsieur, c'est pour le portrait de mon mari qui est mort il y a deux ans à Buenos-Ayres : je voulais le faire peindre de mémoire, mais on m'a dit que la photographie faisait bien plus ressemblant que la peinture...". Une théorie photographique par Nadar - 1856

Illustrations

  • Les Binettes contemporaines.
  • Les Rêveries d'un étameur.
  • Les petites affiches du Tintamarre…, par Joseph Citrouillard, revues par Commerson, pour faire concurrence à celles d'Eugène de Mirecourt, portraits par Nadar, 10 vol., 1854-1855.

<gallery mode="packed" heights="160" caption="Illustrations par Nadar pour Les Binettes contemporaines de Commerson (1854-1855)"> File:Binettes 009.JPG|Gérard de Nerval. File:Binettes 012.JPG|Alphonse Karr. File:Binettes 014.JPG|Alfred de Vigny. </gallery>

Le photographe

Sa nouvelle aisance lui permet d'emménager dans un pavillon mansardé de la rue Saint-Lazare, où il peut disposer d'un jardin bénéficiant de la lumière naturelle. C'est dans ce jardin que seront réalisés ses chefs-d'œuvre, continuant l'œuvre des portraits entreprise avec la caricature, désormais continuée avec une nouvelle technique : la photographie.

À partir de cette époque, la technique du portrait est maîtrisée et les travaux sont de qualité. Les prix évoluent à la baisse. De nombreux ateliers photographiques ouvrent et les personnalités — les élites du monde des arts, des lettres, mais aussi de la politique, du théâtre et même de l'Église — peut-être attirés par leur côté narcissique, n'hésitent pas à « se faire tirer le portrait ». Ce sont ces œuvres que l'on retrouve dans les papeteries sous forme d'estampes et de photographies.

En 1854, il se marie avec Ernestine Constance Lefèbvre, jeune femme issue d'une riche famille protestante. Malgré le mariage, il continue d'offrir l'hospitalité à ses nombreux amis, comme à l'époque de la Bohème. Nadar se brouille avec son frère cadet, qui s'était lui aussi lancé, avec son appui, dans le métier de photographe-portraitiste, mais voulait aussi utiliser le nom de «Nadar». Il s'ensuit un procès gagné par Félix en 1857.

Nadar souhaite que l'appareil de photographie puisse désormais être emporté à l'extérieur et en voyage, aussi facilement que le chevalet du peintre, il va commencer aussi à expérimenter la photographie embarquée dans un ballon, il fut donc, dès 1858 le pionnier de la photographie aérienne, avec ses vues du Petit Bicêtre. Daumier représenta Nadar opérant avec difficulté lors d'une ascension aérienne, avec cette légende prémonitoire : Nadar, élevant la photographie à la hauteur de l'Art le 25 mai 1862.

En 1860, manquant de place, Nadar déménage de la rue Saint-Lazare au boulevard des Capucines. Il fait installer au fronton de son immeuble une immense enseigne, dessinée par Antoine Lumière et éclairée au gaz. <gallery> Image:Atelier Nadar 35BoulevardDesCapucines 1860 Nadar.jpg|L'atelier de Nadar au 35, boulevard des Capucines, en 1860. Image:Nadar 1854.jpg|{{refnec}} File:Georges Clemenceau Nadar.jpg|Georges Clemenceau par Nadar. </gallery>