Fath, Sébastien (1968-....)
Biographie
Formé à l'École normale supérieure de Fontenay-Saint-Cloud (lettres et sciences humaines) (LSE), agrégé d'histoire en 1992, il a soutenu un doctorat Histoire des religions et des systèmes de pensée en 1998 (EPHE, sous la direction de Jean-Paul Willaime). Il est chercheur au CNRS depuis 1999, membre du laboratoire Groupe Sociétés, Religions, Laïcités (GSRL). Il a obtenu, en 2004, la Médaille de bronze du CNRS, pour ses travaux en histoire et sociologie du protestantisme évangélique.
Après avoir étudié l'histoire des relations franco-iraniennes dans la première moitié des années 1960, puis effectué un séjour de deux ans en Égypte, où il enseigne la langue et civilisation française au lycée jésuite du Caire, il consacre sa thèse de doctorat EPHE (section des sciences religieuses) à l'histoire du baptisme en France, qui le conduit ensuite à élargir l'analyse au champ de recherche nord-américain. Dans ses ouvrages, il ausculte « l'Amérique de Dieu et du Diable » (Henri Tincq, Le Monde).
Dans la première moitié des années 2000, il consacre plusieurs travaux aux rapports entre évangélisme américain, culture et politique. Dans Dieu bénisse l'Amérique, la religion de la Maison Blanche (Paris, Seuil, 2004), il développe en particulier l'hypothèse selon laquelle la religion civile américaine (religiosité générique destinée à rassembler un maximum de citoyens) évoluerait, sous la présidence de George W. Bush, vers une forme de « néomessianisme » où le messianisme américain traditionnel (les États-Unis, bras armé de Jésus-Christ) cède la place à un modèle où le Sauveur devient l'Amérique elle-même. Dans Militants de la Bible (Paris, Autrement, 2004), il contextualise le phénomène évangélique et fondamentaliste dans la culture et l'histoire du Sud des États-Unis, la Bible Belt. Il effectue ensuite un séjour de recherche d'un an en Écosse, où il est Honorary Fellow de l'Institute for Advanced Studies in the Humanities (Université d'Édimbourg), au terme duquel il publie une synthèse sur l'évangélisme français. À partir de 2005-2006, il étudie en priorité l'essor des méga-églises (Europe-Amérique), en s'interrogeant sur le sens à donner à ces gigantesques communautés partagées entre le modèle du cocon ultramoderne et celui du poste pionnier.
Depuis 2009, ses recherches se réorientent sur deux axes. D'une part, les relations entre protestantisme évangélique, immigration, interculturalité et territoire urbain. D'autre part, la géopolitique de l'évangélisme, avec un accent sur l'Afrique subsaharienne (zone de contact évangélisme/islam). En 2010, avec l'AFSR, il codirige un ouvrage collectif sur religion, espace, immigration (Dieu change en ville, L'Harmattan, 2010). En 2011, il coordonne, avec Jean-Paul Willaime, un ouvrage, fruit de 22 contributions, consacré à l'état des lieux du protestantisme français contemporain. En 2012-2013, il commence un terrain sur le Soudan du Sud (indépendant en 2011). Cité dans les médias lorsque le protestantisme fait l'actualité, il a notamment analysé la tentative d'autodafé du Coran par le pasteur Terry Jones comme un « effet Andy Warhol » (TF1 News, 12 septembre 2010). Après le drame de Stains (deux morts après l'effondrement du plancher dans une église haïtienne le dimanche de Pâques 2012), il souligne les enjeux sociaux posés par l'essor des églises de migrants, confrontées au manque de mètres carrés cultuels en région parisienne. Il évoque un « évangélisme des caves » .
Webmestre du programme GSRL « Dieu change à Paris », il anime par ailleurs trois blogs. L'un est en anglais, l'autre, son blog principal, est en français. Enfin, il a créé en 2012 un blog consacré aux relations entre France et Soudan du Sud, pays où il effectue deux missions de recherche en octobre 2012 et novembre 2013.