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Daix, Pierre (1922-2014)

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Biographie

Résistant et militant communiste

Fils d'une directrice d'école, laïque, et d'un gendarme, pacifiste, Pierre Daix adhère au Parti communiste français, à 17 ans, en 1939. Élève au Lycée Henri IV à Paris, il vient juste d'avoir son baccalauréat et le Parti communiste est interdit... En juillet 1940, il crée un club étudiant du Centre laïque des auberges de la jeunesse (Claj) qui sert de paravent légal à l'Union des étudiants communistes clandestine. Résistant, il est un des organisateurs des manifestations étudiants du début du mois de novembre 1940. Il est arrêté une première fois le 28 novembre 1940. Il fait connaissance avec la Santé. Libéré en février 1941, arrêté de nouveau en janvier 1942, des prisons vichystes de Fresnes puis de Clairvaux, il est déporté en mars 1944 au camp de concentration de Mauthausen. Connaissant l'allemand, il travaille dans le camp avec l'organisation de résistance internationale clandestine et aide à sauver des résistants français sans distinction d'origine politique.

À la Libération, il est nommé chef de cabinet du ministre communiste Charles Tillon au ministère de l'Air, de l'Armement et de la Reconstruction. Après le départ des ministres communistes du gouvernement, en 1947, il est directeur-adjoint des Éditions sociales, la maison d'édition du PCF

Il devient un ami intime du peintre Pablo Picasso, qui vient d'adhérer au Parti communiste, et qu'il rencontre pour la première fois en novembre 1945.

Journaliste

Dans son article, « Pierre Daix, matricule 59807 à Mauthausen », paru dans Les Lettres françaises, il dément qu'il y eût un univers concentrationnaire en Union soviétique et répond ainsi négativement à la demande du militant trotskiste David Rousset d'une commission d'enquête sur l'existence de camps de concentration en URSS{{,}}.

Sa carrière de journaliste commencée en décembre 1946 au journal France d'abord, se poursuit en mai-juin 1947 comme rédacteur en chef de L'Avant-garde, le journal de l'Union de Jeunesse républicaine de France. Entre 1948 et 1950 il est rédacteur en chef des Lettres françaises, dont le directeur officiel est l'écrivain Claude Morgan (1950), mais que Louis Aragon est chargé de piloter en sous-main. Il est selon ses propos "parachuté à la direction de Ce soir, au milieu de la dernière nuit du XII{{e}} Congrès du Parti communiste" (avril 1950). Il est en fait directeur-adjoint de ce quotidien communiste du soir qui tire chaque jour entre 80000 et 100000 exemplaires et dont Louis Aragon est le directeur nominal. Lorsque Ce soir cesse sa parution en mars 1953, il accompagne Aragon à l'hebdomadaire Les Lettres françaises, dont il redevient rédacteur en chef jusqu'en 1972, date de la fin du journal.

Ainsi il y est le collaborateur de Louis Aragon de 1948 à 1972. Il publie en 1957 une Lettre à Maurice Nadeau dans laquelle il aborde les crimes de Joseph Staline. Il participe à l'"ouverture" des Lettres françaises, et aux prises de position de cet organe en faveur de la littérature soviétique "dissidente" .

Il fait partie du premier comité de rédaction de La Nouvelle Critique lorsque celle-ci est créée en 1949 à destination des intellectuels communistes.

Marié aux lendemains de la Libération avec la résistante Madeleine Riffaud, qui devient par la suite grande reporter à L'Humanité, il épouse dans les années 1950, Anne Villelaur, des Lettres françaises. Ils se séparent treize ans plus tard. Pierre Daix se marie à Ivry en troisièmes noces, le 20 décembre 1967, avec Françoise London, fille des résistants communistes Artur et de Lise London.

Rupture avec le communisme

Daix présente Une journée d'Ivan Denissovitch d'Alexandre Soljenitsyne aux lecteurs français en 1963.

Il écrit un éditorial en 1968 pour dire que l'énorme majorité des étudiants tchécoslovaques entre en révolte, lors du Printemps de Prague. Dès 1968, il contribue au débat sur la « nouvelle critique » (dans la revue communiste La Nouvelle Critique) et l'histoire de l'art moderne.

En 1974, il publie un livre Ce que je sais de Soljenitsyne à l'occasion de la sortie de L'Archipel du Goulag et rompt avec le PCF, après une passe d'armes avec René Andrieu, rédacteur en chef de L'Humanité. En octobre 1978, dans une chronique prémonitoire parue dans Le Point, après l'élection du pape Jean-Paul II, il intitule son article « L'espoir a changé de camp » et décrit le séisme qui va ébranler le communisme.

Du début des années 1980 et jusqu'à l'arrêt de la parution du titre en 1994, il collabore au Quotidien de Paris (Groupe Quotidien) dirigé par Philippe Tesson.