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Kourouma, Ahmadou (1927-2003)

Biographie

Né en 1927, à Boundiali, au nord de la Côte d'Ivoire, Ahmadou Kourouma était un écrivain d’origine malinké, une ethnie présente dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Son nom signifie « guerrier » en langue malinké. Élevé par un oncle, il suit une scolarité à Bamako au Mali.

De 1950 à 1954, (pendant la colonisation française), il est envoyé comme tirailleur sénégalais en Indochine, à titre disciplinaire. Avant de rejoindre la métropole pour suivre des études de mathématiques et d'actuariat (Institut de science financière et d'assurances) à Lyon en France.

En 1960, lors de l’indépendance de la Côte d'Ivoire, il revient vivre dans son pays natal mais est très vite inquiété par le régime du président Félix Houphouët-Boigny. Il connaît la prison avant de partir en exil dans différents pays, en Algérie (1964-1969), Cameroun (1974-1984) et Togo (1984-1994) avant de revenir vivre en Côte d'Ivoire.

En 1968, son premier roman, Les Soleils des indépendances, porte un regard très critique sur les gouvernants de l’après-décolonisation.

En 1972, il tente de faire représenter sur scène Tougnantigui ou le Diseur de vérité.

En 1988, son deuxième roman, Monnè, outrages et défis, retrace un siècle d’histoire coloniale.

En 1998, son troisième roman, En attendant le vote des bêtes sauvages, raconte l’histoire d’un chasseur de la « tribu des hommes nus » qui devient dictateur. À travers ce roman, qui obtient le Prix du Livre Inter, on reconnaît facilement le parcours du chef d'État togolais Gnassingbé Eyadema et diverses personnalités politiques africaines contemporaines.

En 2000, son quatrième roman, Allah n’est pas obligé, raconte l’histoire d’un enfant orphelin qui, parti rejoindre sa tante au Liberia, devient enfant soldat. Ce livre obtient le Prix Renaudot et le Prix Goncourt des lycéens.

Lorsqu’en septembre 2002, la guerre civile éclate en Côte d'Ivoire, il prend position contre l’ivoirité, « une absurdité qui nous a menés au désordre » et pour le retour de la paix dans son pays.

Au moment de sa mort, il travaillait à la rédaction d’un nouveau livre Quand on refuse, on dit non, une suite d’Allah n'est pas obligé : le jeune héros, enfant soldat démobilisé, retourne en Côte d’Ivoire à Daloa, et vit le conflit ivoirien. Ce roman est publié à titre posthume en 2004.

Kourouma était marié et père de 4 enfants. Onze ans après sa mort, en novembre 2014, sa dépouille a été transférée de Lyon en Côte d'Ivoire.