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Werth, Léon (1878-1955)

Biographie

Il est né en 1878 à Remiremont dans les Vosges dans une famille juive assimilée. Son père (Albert) était drapier et sa mère (Sophie) était la sœur du philosophe Frédéric Rauh.

Il est un élève brillant, grand prix de philosophie au concours général et étudiant en hypokhâgne au lycée Henri-IV. Il abandonne néanmoins ses études pour être chroniqueur dans différentes revues. Menant la vie de bohème, il se consacre à l'écriture et à la critique d'art.

Très proche d'Octave Mirbeau, l'auteur de Le Journal d'une femme de chambre, dont il est en quelque sorte l'héritier, il se manifeste par son anticléricalisme, son esprit très indépendant, antibourgeois et libertaire. Il manque de peu le prix Goncourt en 1913 pour son roman La Maison blanche, qu'Octave Mirbeau (alors membre du jury) a préfacé et soutient avec un vif enthousiasme contre l'autre favori, Alain-Fournier pour Le Grand Meaulnes, jusqu'à ce qu’après plusieurs heures le prix aille finalement au onzième tour à Marc Elder pour Le Peuple de la mer{{,}}{{,}}.

En 1914, il part pour le front, où il combattra pendant 15 mois avant d'être blessé. Il restera marqué par cette guerre, devenant un pacifiste convaincu. Il en tire un récit, Clavel Soldat, pessimiste et violemment anti-guerre. Paru en 1919, l'ouvrage fait scandale.

Écrivain inclassable, à la plume acide, il écrit dans les années de l'entre-deux guerres aussi bien contre le colonialisme (Cochinchine en 1926), à contre-courant de la mode coloniale de cette période faste de l'empire français, que contre le stalinisme dont cet homme de gauche dénonce l'imposture. Il critiquera aussi le nazisme montant.

En 1931, il rencontre Saint-Exupéry : c'est le début d'une grande amitié. Ce dernier lui dédicacera Le Petit Prince, dédicace où il le qualifie de {{Citation}}.

Dans sa carrière littéraire, il est aussi l'auteur ou le co-auteur de plusieurs monographies d'artistes, tels que Cézanne, Puvis de Chavannes, Henri Matisse, Claude Monet, Maurice de Vlaminck, etc.

Pendant l'Occupation, il se repliera dans le Jura. Dans son journal Déposition, publié en 1946, il livre un témoignage accablant sur la France de Vichy. Il devint gaulliste sous l'occupation et après la guerre il participa à Liberté de l'Esprit, revue des intellectuels du Rassemblement du peuple français dirigée par Claude Mauriac. Il meurt le 13 décembre 1955 à Paris. Ses cendres se trouvent au columbarium du Père-Lachaise (case n°5930).

Voyages avec ma pipe
LivresNon disponible
Publication
[Paris] : V. Hamy, 1991
Date de publication
1991