Zéro, Karl (1961-....)
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Biographie
Famille et études
{{article connexe}}
Marc Tellenne naît le {{date}} à Aix-les-Bains. Il est le fils de Guy Tellenne (1909-1993 ; normalien, agrégé, poète, haut fonctionnaire au ministère de la Culture et sous-directeur de l'Institut français d'Athènes) et d’Annick Lemoine (auteur édité par Ramsay). Il est le cadet d'une famille de quatre frères, dont Éric Tellenne (poète et romancier) et Basile de Koch.
Il est élève à l'établissement La Rochefoucauld ({{7e}} arrondissement de Paris). Durant son adolescence, il connaît une période punk : c'est à cette époque qu'il adopte le pseudonyme de Karl Zéro, {{citation}}.
Vie privée
Karl Zéro est marié à Daisy d'Errata, avec qui il a trois enfants, Anaïs Tellenne{{,}}{{,}}, Gabin et Vincent.
Carrière professionnelle
Débuts
Karl Zéro publie, sous son pseudonyme, un comics intitulé Tintin est-il juif, dont l'antisémitisme est burlesque, voire absurde (Fanzine Jalons, 1980). Il s'éloignera ensuite de cette ligne politique.
Gonzo Journalisme
La première publication reconnue par Zéro lui-même est une bande dessinée intitulée Les aventures de Edmond dans le fanzine Jalons, au début des années 1980.
Il rejoint ensuite les rédactions de Métal Hurlant, Charlie Hebdo, Zoulou et L'Écho des savanes comme dessinateur-scénariste. Parallèlement, le « jeune homme moderne » féru d'underground entre en 1981 à Actuel comme journaliste spécialisé dans les interviews de stars et rejoint l’équipe naissante de Radio Nova, au côté de celle qui deviendra son épouse et sa future coréalisatrice Daisy d’Errata. Il participe également aux activités de Jalons, devenu le nom d'un groupe de pasticheurs, dont Basile de Koch est l'un des principaux animateurs : avec son frère, Karl Zéro contribue à la rédaction de diverses parodies de quotidiens et d'hebdomadaires, comme Le Monstre et Laberration. Il rejoint ensuite l’équipe de Globe et de Lui où ses talents d’intervieweur lui valent d’être remarqué.
En 1986, il est engagé par Europe 1 pour animer Géant Gratuit au côté de Doug Headline (le fils de Jean-Patrick Manchette). À la suite d'une plaisanterie un peu osée, ils sont remerciés au bout de quatre mois : Karl part pour TF1 tandis que Doug se consacre au cinéma. Sur TF1, l’émission Pirates associant Karl et Jean-Yves Lafesse n’aura qu’un numéro en septembre 1987. Là encore, la direction juge l’humour de Karl « déplacé » et le remercie.
Nulle Part Ailleurs
Logo de la séquence Karl Zéro dans Nulle part ailleurs. {{loupe}}
En 1988 Canal+ (Alain de Greef) lui propose d’intégrer l’équipe naissante de Nulle part ailleurs au côté d’Antoine de Caunes. Pour ses sketchs où il met en scène les hommes politiques, il utilise les trucages vidéo (le Flame). Ainsi Valéry Giscard d'Estaing présente ses vœux à la France tandis que son épouse brûle à ses côtés. Il popularise également les interviews truquées grâce au cultissime « Pipo Mambo ».
En 1990-91, il anime une émission de radio aussi culte que délirante sur RFM avec Antoine de Caunes et Albert Algoud, Babebibobu.
En 1993, il propose avec succès dans Nulle part ailleurs un journal télévisé parodique, le Zérorama, « les actualités parlantes en télévision au service du réarmement moral ». Il y utilise une présentation et un ton inspirés des actualités cinématographiques sous le Régime de Vichy de Philippe Pétain dans le but de satiriser le gouvernement d’Édouard Balladur et les médias qui le soutiennent.
Le Vrai Journal
{{loupe}}
De {{date}} à {{date}}, il présente le dimanche à 12h30 sur Canal+ Le Vrai Journal, un journal télévisé qui veut « dire tout haut » ce que les autres journaux télévisés français « évitent de dire ». Karl Zéro n’est pas journaliste, n’a pas de carte de presse et n'en veut pas. De cette façon, il peut mélanger les genres : reportages journalistiques, réalisés le plus souvent par l’agence CAPA, et sketches réalisés avec trucages, auxquels participe souvent sa femme, Daisy d'Errata qui y présente également une rubrique citoyenne. L'audience du Vrai Journal ne s’est jamais démentie en dix saisons : 10 % de parts de marché, 3 points d’audience, soit 1,5 million de téléspectateurs chaque dimanche. Lors de ses célèbres entretiens avec des hommes politiques, il leur impose le tutoiement, dépoussiérant le style convenu de l'interview politique à la télé et devient le référent de tous les politiques qui veulent « s'adresser aux jeunes ». Il reçoit également de nombreuses personnalités étrangères comme le Commandant Massoud, Michaël Moore ou Benazir Bhutto.
En 1997, il a la tâche difficile d'identifier dans les locaux de la police le cadavre de Jean-Edern Hallier, avec qui il devait déjeuner la semaine suivante.
Ses émissions de Canal + sont alors produites par sa société de production, La Société du spectacle, dont il cède 49 % au groupe Endemol, spécialisé dans la Télé réalité, avant qu'elle ne soit radiée en {{date-}}.
Il existera également durant deux ans une version papier de son émission, Le Vrai Papier Journal, lancé par Karl Zéro, qui malgré ses {{nombre}} mensuels s'arrêtera en {{date-}}, malgré également le soutien de Rafik Khalifa qui quelques mois avant le dépôt de bilan du "Vrai Papier Journal" le soutiendra financièrement et en prendra 10% du capital.
En {{date}}, avec l’accord de la chaîne cryptée, il lit - sans citer les noms - les accusations du tueur en série Patrice Alègre (en donnant lecture dans Le Vrai Journal du courrier que celui-ci lui a adressé), et de deux anciennes prostituées, qui affirment que différents notables de Toulouse, dont l’ancien maire et président du CSA Dominique Baudis, seraient mêlés à un réseau sado-masochiste, qui aurait couvert des viols, des tortures et des meurtres. Patrice Alègre change alors d’avocat, choisissant Gilbert Collard, pour revenir sur cette accusation dans une seconde lettre - où très curieusement il cite Albert Camus. La justice innocente en 2004 les personnalités mises en cause à Toulouse. Il apparaît également que Karl Zéro a versé {{euro}} à l’une des ex-prostituées comme à-valoir sur un livre relatant sa version de l’affaire Alègre paru depuis chez Ramsay. Dans cette affaire l'opposant à Dominique Baudis et Marc Bourragué, Karl Zéro a depuis obtenu quatre non-lieux successifs avant de se voir définitivement blanchi par la justice en décembre 2012, après neuf ans de poursuites.
L’émission Le Vrai Journal sera finalement définitivement arrêtée en {{date-}}. Canal+ dit avoir subi en 2005 de nombreuses pressions du monde politique afin de revenir sur sa décision d’arrêter dès cette année-là Le Vrai Journal. Libération croit en particulier pouvoir citer Laurent Fabius, Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn. Karl Zéro a confirmé dans l’émission Arrêt sur images avoir reçu le soutien des deux premiers. La fin du Vrai journal est accompagnée du licenciement de Karl Zéro et des {{nobr}} de sa société de production.
Autres émissions de radio et télévision
En 1999-2000, Europe 1 lui confie un rendez-vous politique quotidien de 12h45 à 13h00 où il tutoie et désarçonne les politiques.
De {{date}} à {{date}}, il lance en tant que producteur avec son associé Michel Malaussena, Le Journal des bonnes nouvelles, d'après une idée originale d'Eric Guillaumond, animé par Victor Robert et Estelle Martin, devenu à partir de {{date}} Le Contre-journal, et diffusé sur Canal+ de {{nobr}} à {{nobr}}. Il produit également de la télé-réalité « réelle » avec 60 jours 60 nuits, qui narre les vraies vies croisées de Joey Starr et Francis Lalanne.
En 2004, Karl Zéro présente aussi le jeu C'est quoi ce jeu ?, produit par Starling toujours sur Canal+ avec la fameuse « boîte à baffes ».
Sur le web
En {{nobr}}, Karl Zéro met en ligne une web télé, le Web2Zéro. Le web2zero a réuni un temps une communauté de « zéronautes » qui postaient quotidiennement toutes sortes de vidéos sur des thèmes touchant à divers sujets d'actualité, et proches du contenu éditorial du Vrai Journal. Se positionnant dès l'origine comme « sceptique » à propos des attentats du 11 septembre 2001, il fait une large part à des vidéos issues de la mouvance conspirationniste, partisane des théories du complot sur le {{nobr}} ; le site attire de nombreux internautes partageant ces idées. Le blogueur Tristan Mendès France qualifie en 2009 le Web2Zéro de {{citation}} attirant {{citation}} et de {{citation}}. Le site a ensuite cessé d'être mis à jour le {{date-}}, et a disparu en {{date-}}.
En 2006-2007, il anime également sur AOL l’émission Le Club du Net, rendez-vous politique hebdomadaire d’interviews politiques durant la campagne présidentielle produit par Daisy d'Errata puis à la {{nobr}}, Le JT2Zero, un JT quotidien du net concernant l’actualité de la campagne présidentielle sur le net produit par Havas Media et relayé par VSD.
En {{date-}}, il est nommé directeur du pôle média du groupe Rentabiliweb.
Réalisateur
Karl Zéro au festival de Cannes 2007. Le {{date}} sort en salles Dans la peau de Jacques Chirac, film décrit comme une « autobiographie non autorisée » du président de la République, César du meilleur film documentaire en 2007.
En 2007, il réalise avec Michel Royer un nouveau film : Ségo et Sarko sont dans un bateau, qu’il vend d’abord en vidéo à la demande puis en DVD, supplément du magazine VSD le 21 mars avant de demander le visa d'exploitation pour une sortie en salle le {{date-}}. Ce type d’exploitation commerciale assure au film une diffusion multi-support dans un délai très court. Le film rencontre un vif succès en DVD et en VOD{{ref nec}}.
Karl Zéro et Michel Royer travaillent en 2007 à Being W, un long métrage de langue anglaise où George W. Bush, interprété par l’imitateur américain Jim Meskimen, raconte « sa » version de sa vie et la vérité sur « sa » vision du monde. Ce film présenté au marché à Cannes 2008 est distribué au niveau mondial par Europacorp.
En {{date-}}, Karl Zéro réalise avec Daisy d’Errata le film Starko ! la saison 1 qui relate, grâce à la voix de l’imitateur Michel Guidoni, la vie du président lors de la première année de son mandat. Il opte encore pour le même mode de distribution que pour le précédent, internet et VSD et vente directe sur le net sur Starko.fr. Dans sa version anglaise Sarko est interprété par Lambert Wilson.
En 2009, il monte une société avec Pierre-Antoine Capton La Mondiale de Production appelée à être productrice de ses documentaires.
En {{date-}}, sortie sur Arte En la piel de Fidel (Dans la peau de Fidel Castro) une biographie non autorisée de Fidel Castro, coréalisé avec Daisy d'Errata et dont l'imitation a été confiée à Eddy Calderon, imitateur célèbre dans la diaspora cubaine de Miami. En français, c'est Pierre Arditi qui campe le « Leader Maximo ».
Leur film suivant, Being Michael Jackson long métrage en langue anglaise en coproduction avec Tarak Ben Ammar, est actuellement{{quand}} bloqué pour des problèmes de droits.
En 2012, le couple réalise pour la chaîne Arte Dans la peau de Vladimir Poutine, nouvelle autobiographie satirique de Vladimir Poutine. Il est diffusé sur Arte le {{date-}}, juste avant l'élection présidentielle russe de 2012. La même année, le {{date-}} à 22h40, est diffusée sur Canal + une sorte de suite à Dans la peau de Jacques Chirac intitulée Chirac rebat la Campagne. Une fois de plus, l'imitateur Didier Gustin prête sa voix à l'ancien président de la République, cette fois-ci pour commenter l'élection présidentielle de 2012.
Ils préparent{{quand}} pour Arte une collection documentaire intitulée L'Ombre au Tableau (Dark Side of the Stars en anglais) dont les premiers opus seront consacrés à Walt Disney et à Charles Trenet{{refnec}}.
{{13e}} rue
Depuis septembre 2007, il présente tous les vendredis soirs à 23h00 « Les Faits Karl Zéro » sur {{13e}} Rue (rediffusé dans la semaine) une émission d'investigation sur des faits divers non résolus. Affaire Maddie, affaire Colonna, affaire Leprince... Soit soixante-quinze documentaires de 52 minutes produits par Troisième Œil, un succès pour la chaîne « action-suspens » du câble qui a vu son audience tripler à cette occasion{{ref nec}}.
À partir de la saison 2009-2010, {{13e}} Rue lui ouvre en outre une case en prime time pour des enquêtes de 90 minutes : l'affaire Phil Spector, la mort suspecte de Tupac Shakur, les réseaux pédophiles présumés (affaire de Zandvoort).
En 2012, il produit et réalise avec Moi, Luka Magnotta, un docu-fiction-thriller coréalisé avec Daisy d'Errata ou le « Dépeceur de Montréal » se raconte à la première personne. Un film vendu à l'international dans sa version anglaise par Upside Télévision.
BFM TV
De 2008 à 2010, Karl Zéro anime l'émission Karl Zéro Live sur BFM TV, à 22h10. Il y interviewe chaque soir une ou plusieurs personnalité(s) sur le modèle du talk-show de Larry King sur CNN{{,}}.
En septembre 2009, son émission, du lundi au vendredi de {{heure}} à {{heure}}, est précédée par Sarko Info : dans cette parodie de journal télévisé, il interviewe une personnalité après un journal télévisé commenté par le président de la République Nicolas Sarkozy, imité par Michel Guidoni. Sur cette émission, Karl Zéro travaille avec la même équipe que celle de Starko !, rejoint par Benjamin Oulahcene, Guy Birenbaum et Pascal Atenza. En septembre 2010, son émission satirique Sarko Info se poursuit dans une version plus longue de 8 minutes, avant de choisir de définitivement l'arrêter le {{Date}}.
RMC Découverte
Depuis janvier 2013, Karl Zéro anime sur la chaîne RMC Découverte consacrée aux documentaires, une émission Les Dossiers Karl Zéro tous les lundis à {{heure}}.
Opinions
Catholique de naissance, il a conseillé {{Mgr}} pour le lancement de la chaîne KTO, mais ne cache pas pour autant ses affinités avec José Bové (il le soutiendra publiquement lors de la Présidentielle de 2007).
Familier de tous les courants de l'anti-libéralisme, il présente souvent des reportages favorables aux altermondialistes dans ses émissions. Plus généralement, ses émissions sont plus favorables à la gauche qu’à la droite, mais Karl Zéro ne se réclame d'aucun camp, citant volontiers Jésus : « Mon royaume n'est pas de ce monde ».
Une rumeur lancée par L'Événement du jeudi voudrait qu’il ait suivi son frère Bruno Tellenne à la fin des années 1970 et au début des années 1980 en sympathisant avec le GUD (syndicat étudiant d’extrême droite). Dans un arrêt du 3 juin 1997, la cour d'appel de Paris a statué que cette information était « inexacte et qu'elle leur portait préjudice » et L’Événement du jeudi a été condamné pour diffamation.