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Thomas More (1478-1535 ; saint)

Contents


Biographie

Famille

Thomas More et sa famille.

Thomas More est le fils de l'homme de loi londonien John More (c. 1451-1530), et d'Agnes More. Il étudie à l'université d'Oxford à partir de 1492. En 1494, Thomas s'intéressant de plus en plus aux écrits grecs et latins, son père décide de l'envoyer dans une école de droit, New Inn, et à Lincoln's Inn ; parmi ses maîtres, John Colet et Érasme deviendront ses amis. Inscrit à vingt-et-un ans au barreau des avocats, il enseigne le droit jusqu'en 1510. Il devient l'avocat des marchands de la City et est élu juge (under-sheriff) en 1510 par les habitants de Londres.

Vers 1503 il fait une longue retraite à la chartreuse de Londres, puis épouse Jane Colt en 1505, avec qui il a trois filles et un fils.

Selon Érasme, « il préféra être un mari chaste plutôt qu'un moine impudique. »

Au décès de sa femme en 1511, il se remarie avec Alice Middleton, veuve et mère de deux enfants. Il sera réputé pour l'éducation de haut niveau qu'il faisait donner à ses enfants, filles comme garçons.

Carrière politique sous Henri VIII

Le roi Henri VIII.

Membre du Parlement à partir de 1504, il s'élève contre les taxes demandées par le roi Henri VII pour la guerre d'Écosse. Le roi fait emprisonner John More ; Thomas More se retire en France (1508) mais l'avènement d'Henri VIII en 1509 le ramène en Angleterre et marque le début d'une brillante carrière politique qui durera plus de vingt ans.

D'abord au service du tout-puissant cardinal Thomas Wolsey qui lui confie la gestion de ses biens, Thomas More est bientôt nommé par le Roi maître des requêtes, puis à son Conseil privé, et l'envoie en missions diplomatiques et commerciales aux Pays-Bas (1515), où il rédige L'Utopie, puis à Calais (1517). Il est nommé en 1521 trésorier de la Couronne ; il est élu en 1523, contre son gré, speaker du Parlement. La même année, il commence à participer à la polémique contre les thèses de Luther, ce pour quoi son ami l'évêque Tunstal le mandate en 1528 (il rédigera en cinq ans, de 1528 à 1533, sept livres de réfutation des thèses en anglais).

En 1525 nommé chancelier du duché de Lancastre, il fait partie de la délégation qui négocie en 1529 la paix avec l'Espagne. La même année, la disgrâce du cardinal Wolsey le fait accéder à la plus haute charge, celle de Chancelier du Royaume, premier laïc nommé à ce poste. En tant que Chancelier, il fait emprisonner quarante personnes acquises aux idées de Luther. En 1531, Il fait appliquer la sentence rendue contre Richard Bayfield condamné à être brûlé vif à Smithfield ; cinq autres condamnations suivent.

Mais la volonté du roi d'épouser Anne Boleyn, dont il s'est épris en 1527, afin d'avoir un fils légitime se heurte au refus du pape d'annuler son mariage avec Catherine d'Aragon, ce qui amène Henri VIII à rompre avec Rome. Ce schisme est à l'origine de l'Église anglicane.

More refuse de signer une lettre des dirigeants religieux et des aristocrates anglais demandant au pape d'annuler le mariage d'Henri et de Catherine. En 1531, il présente sans succès sa démission après avoir été obligé de prêter un serment déclarant le roi Chef suprême de l'Église d'Angleterre, auquel il ajoute la mention: « Autant que le Christ l'autorise ». En 1532, il demande à nouveau au roi de le relever de ses fonctions, prétendant qu'il est malade et souffre de vives douleurs à la poitrine. Cette fois, le souverain accepte sa requête.

Rupture avec Henri VIII

Accusations de trahison

En 1533, More refuse d'assister au couronnement d'Anne Boleyn comme reine d'Angleterre. En pratique, ce n'était pas un acte de trahison : More avait écrit au roi, reconnu la royauté d'Anne et exprimé son désir de voir le roi heureux. Mais son amitié avec l'ancienne reine, Catherine d'Aragon, le retient d'assister au triomphe d'Anne, ce qui est interprété comme une insulte envers elle.

Peu après, More est accusé d'avoir accepté des pots-de-vins, mais en l'absence de toute preuve, ces charges sont rapidement abandonnées. En 1534, il est accusé d'avoir comploté avec Elizabeth Barton, une nonne qui avait émis des prophéties mettant en cause le divorce du roi. More produit une lettre dans laquelle il ordonne à Barton de ne pas interférer dans les affaires de l'État.

Jugement

Tombe de la famille de Thomas More en l'église St Dunstan.

Le 13 avril de la même année, More est convoqué devant une commission afin de jurer allégeance à l'Acte de succession du Parlement. More reconnaît le droit du Parlement de déclarer Anne légitime reine d'Angleterre, mais refuse de prêter serment à cause d'une préface anti-papale qui affirme l'autorité du Parlement en matière de religion, et nie l'autorité du pape : {{citation bloc}}

Quatre jours après, il est emprisonné à la tour de Londres, où il écrit son Dialogue du réconfort dans les tribulations.

Le {{date}}, More est présenté à des juges, parmi lesquels se trouve le nouveau lord chancelier, Sir Thomas Audley, ainsi que les père, frère et oncle d'Anne Boleyn. Il est accusé de haute trahison pour avoir nié la validité de l'Acte de succession. More pense qu'il ne peut être reconnu coupable s'il ne nie pas explicitement que le roi est à la tête de l'Église. Aussi refuse-t-il de répondre à toute question demandant son opinion sur le sujet. Thomas Cromwell, alors le plus puissant des conseillers du roi, demande au Solicitor General, Richard Rich, de témoigner que More a, en sa présence, nié que le roi était le légitime dirigeant de l'Église. Bien que ce témoignage soit manifestement un parjure (Richard Southwell et Mr Palmer, témoins de l'entretien, ont nié avoir entendu les détails de cette conversation), le jury déclare More « coupable de trahison » (Treason Act 1534).

Avant l'énoncé de sa sentence, More parle librement de sa croyance que {{citation}} Il est condamné à être pendu, traîné et écartelé (hanged, drawn and quartered), mais le roi commue cette sentence en décapitation, ce qui aurait, dit-on, inspiré à More ce mot fameux : {{citation bloc}}

Exécution

L'exécution a lieu le 6 juillet. Quand il arrive au pied de l'échafaud, il dit à l'officier présent : {{citation bloc}}

Il déclare sur l'échafaud qu'il meurt en {{citation}}. Il déclare également à l'exécuteur que sa {{citation}} ; il la positionne ensuite de telle manière qu'elle ne soit pas touchée.

Le corps de More est enterré à la tour de Londres, dans une tombe anonyme de la chapelle St Peter ad vincula. Sa tête est exhibée sur le London Bridge. Sa fille Margaret Roper la récupère, probablement en soudoyant quelque soldat, avant qu'elle ne soit jetée dans la Tamise. On pense que le crâne repose dans le tombeau des Roper, dans l'église St Dunstan de Canterbury, mais des chercheurs pensent qu'il pourrait se trouver dans la tombe qu'il avait fait ériger de son vivant, à la vieille église de Chelsey. Cependant, il est plus probable que la tête de More repose dans le caveau familial de sa fille.

L'utopie
LivresDisponible
Publication
Paris : Librio, impr. 2013
Date de publication
2013