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Wolf, Christa (1929-2011)

Biographie

À l'instar de Günter Grass, Christa Ihlenfeld naît dans une famille de commerçants en pays de Lubusz, inclus dans la Marche citérieure, ancienne région de l'Empire prusse et située aujourd'hui en Pologne. En 1945, sa famille est déplacée par l'Armée rouge vers l'ouest, comme des milliers d'Allemands implantés à l'Est. Wolf et ses parents s'installent dans la région du Mecklembourg. Dans un premier temps, elle travaille en tant qu'aide littéraire. Elle obtient son baccalauréat en 1949. Cette même année, alors qu'est fondée la République démocratique d'Allemagne, elle adhère au SED, le Parti de l'unité socialiste et en reste membre jusqu'à sa dissolution, en 1989. Elle fait des études de germanistique à Iéna puis Leipzig. Elle se marie en 1951 avec l'écrivain Gerhard Wolf auquel elle emprunte le patronyme et avec qui elle a une fille, Annette, née un an plus tard.

Elle travaille en tant que collaboratrice scientifique de l'Union des écrivains de RDA et comme lectrice de différentes maisons d'édition ainsi que rédactrice de la revue Nouvelle littérature allemande (Neue Deutsche Literatur). De 1955 à 1977, elle est membre du comité directeur de l'Union des écrivains de la RDA.

Quatre ans après la naissance de son premier enfant, sa deuxième fille Katrin voit le jour. À partir de 1962, elle fait de l'écriture son métier. Elle commence par rédiger des lettres et des journaux intimes. Elle publie son premier roman, Le Ciel partagé en 1963 qui obtient un immense succès en RDA et est apprécié du gouvernement communiste. Il est adapté au cinéma par Konrad Wolf l'année suivante.

Wolf vit à Kleinmachnow près de Berlin entre 1962 et 1976 pour s'installer à Berlin même en 1976.

Durant le {{11e}} plénum du parti communiste en 1965, elle critique la politique culturelle de l’État est-allemand et subit la disgrâce du régime.

En 1972, elle entreprend un voyage à Paris et devient en 1984 membre de l'Académie européenne des sciences et des arts. Deux ans plus tard, elle adhère à l'Académie libre des arts à Hambourg (Freie Akademie der Künste).

En 1976, elle exprime son mécontentement face à l'expulsion du poète Wolf Biermann.

Christa Wolf entreprend de nombreux voyages de conférences, en Suède, en Finlande, en France et aux États-Unis.

En 1989, elle ne comprend pas immédiatement l'ampleur des manifestations parties de Leipzig contre Erich Honecker et s'oppose, après la chute du mur de Berlin, à la Réunification allemande, souhaitant maintenir, au côté de la RFA, une République allemande {{citation}}.

En 1993, une polémique éclate à la suite de la publication de dossiers secrets de l'ex-RDA révélant une proximité de l'écrivain avec la Stasi qu'elle renseigna, de 1959 à 1963, sous le nom de code « IM Margarethe »{{,}}{{,}}. L'auteur se dit choquée mais avoue, dans une interview accordée la même année au Berliner Zeitung, avoir été une « collaboratrice informelle » et « forcée » du ministère de la sûreté de l'État de la RDA, sans avoir toutefois voulu nuire à quiconque et rappelant qu'elle fut aussi mise sous surveillance avec sa famille.

Elle décède le {{date}} à Berlin où elle était établie depuis plusieurs années. Elle repose au cimetière de Dorotheenstadt.