Aller au contenu principal

Lofofora

Contents


Biographie

La création du groupe : de l'Hôpital éphémère aux Transmusicales de Rennes (1989-1993)

C’est peu de temps après la rencontre de Phil Curty (basse) et de Erik "Ragout" Rossignol (Batteur) au sein du groupe The Hammers que l'impulsion d'un nouveau style de musique s'affirme. Lassé de ce groupe, la rencontre de Reuno à Antibes lors d'un concert d'Iggy Pop aboutit à la fondation de Lofofora, en {{date}}. Après la montée de ce dernier sur la région parisienne, le groupe commence à jouer avec Karl Shneider (guitariste). Leurs influences vont du punk hardcore (Bad Brains, Red Hot, Dead Kennedys, The Exploited, Fishbone, Fugazi ou The Ramones) aux précurseurs du mouvement hip-hop (Grandmaster Flash, Niggaz With Attitude ou Public Enemy). Les premières années sont marquées par des répétitions chez le batteur (enregistrements de maquettes et concerts (vidéo) et au studio Luna Rossa (Paris, {{13e}}) qui aboutissent à la conception d'une dizaine de morceaux. {{quand}}.

Les premiers concerts du quartet ont lieu en 1990-1991.

La rencontre avec le batteur Edgar Mireux de MST, à la fin de l’année 1992, lors d’une répétition au Frigo, permet au groupe de se stabiliser et de réaliser ses premières maquettes enregistrées par Chambinator. L’intégration dans la structure de management Sriracha Sauce, fondée par Bruno Ponge et Laurent Yvon - initialement pour le groupe Les Coquines - permet au quartet de répéter à l'Hôpital éphémère (Vivier artistique du {{18e}} arrondissement de Paris) et de réaliser 50 concerts lors de l’année 1993, le premier ayant lieu le {{1er}} février dans le squat de la Moskova, haut lieu du rock alternatif parisien. La rencontre avec Patricia Bonneteaud s’avère également décisive car leur permet de bénéficier du Fonds d’action et d’initiative rock (FAIR).

Enregistré en {{date}}, au studio secret par Chinoi, un cinq titres, qui contient une reprise de Zobi la mouche des Négresses Vertes et associe Tanguy du groupe No Return sur le morceau No facho, est pressé à {{nombre}} exemplaires et commercialisé en {{date}}. Entre temps, Lofofora se révèle à la profession par les premières parties qu’il réalise lors de la tournée française d’Iggy Pop (sept dates) et surtout par son passage aux Transmusicales de Rennes à la fin novembre. La « une » du supplément culturel du Monde leur consacre un article sur cinq colonnes avec photo et, à sa suite, the Guardian, the Washington Post (dans un dossier consacré à l’existence d’une scène française hardcore) ainsi que la revue Billboard écrivent des papiers sur ce quartet underground parisien.

Premier line-up, premiers succès : de Lofofora à Dur comme fer (1994-1999)

Lofofora signe, en {{date}} après plusieurs mois de négociations, avec Polygram qui permet de financer un album enregistré et mixé par Daniel Weber en octobre, aux studios des Forces motrices à Genève. Cette réalisation permet d’associer des membres des autres groupes managés par Sriracha Sauce - dont Lofofora est devenu la figure emblématique depuis le split des Coquines - tels Miguel Sagoba et Ifif de Dirty District (sur Baise ta vie et Irie style), de Jam et Jah d’Human Spirit (sur No facho) ou de Yomgui DJ de Oneyed Jack (sur Holiday in France). Le groupe reprend également la chanson Justice pour tous des Moskokids écrite par Jérome Boursault, groupe qu’il avait côtoyé au squat de la Moskova. Approché par plusieurs majors, c’est avec la maison de disques Virgin que Lofofora signe un contrat en {{date}} pour trois disques. Plus gros succès commercial du quartet à ce jour, l’album éponyme est commercialisé en {{date}}. Après avoir effectué 74 concerts l’année précédente, Lofofora reprend la route avec Farid Tadjene (ex-Fast Unity) qui remplace Pascal Lalaurie et connaît un succès d’estime auprès du grand public par ses prestations scéniques, les titres étant diffusé par des radios telles que Skyrock ou Fun Radio. La tournée originelle, après la sortie, comprend 92 dates, du {{date}} au {{date}}, dont un passage à la Fête de l’Humanité. En décembre, Lofofora effectue une tournée de 10 concerts au Canada avec GrimSkunk et the Smalls. Au total, Lofofora assure 115 concerts lors de l’année 1995.

De janvier à {{date}}, Lofofora compose les titres de son deuxième album. Il fait enregistrer Peuh ! par André Gielen au studio Hautregard qui contient le morceau Shiva Skunk, composé avec Ekova, ainsi que Vive le feu, reprise des Bérurier Noir. Avant sa commercialisation, à la fin {{date}}, le quartet se produit au festival CMJ à l’Under Acme de New York ainsi qu’au Québec. C’est le même André Gielen qui enregistre, en {{date}}, les deux titres issus de la collaboration entre Lofofora et le groupe de rap Kabal (Grand et fort et La bête) ainsi que leur troisième album, Dur comme fer, en {{date}} (commercialisé en {{date}}), sans doute le plus abouti et le plus sombre du quartet (tempos lourds et inquiétants). Le titre PMGBO (Partouze Musicale Gang Bang Oral) célèbre les dix ans du groupe en rassemblant des membres de la Calcine, Kabal, LTNO, Mass Hysteria et Oneyed Jack. Quant aux Liquides de Mon Corps, sa composition est issue de la demande du groupe hollandais Transpunk à Reuno d’écrire un titre pour leur deuxième album, titre que Lofofora réenregistre avec Densio au sitar.

Crise(s) et second line-up : vers Le Fond et la Forme (1999-2002)

Après la tournée de Dur comme fer qui s’achève à la fin 1999, fruit de tensions au sein du groupe, les membres de Lofofora prennent du recul. Malgré les rumeurs de split », le groupe se retrouve au studio Praxis, à Cagnes-sur-Mer, en {{date}}, pour enregistrer avec Mamad Rafati la réorchestration de trois de leurs morceaux (Les Gens, Viscéral et Weedub) ainsi que quatre reprises (Quand On a que la Haine d’OTH, Vidocq / La Chanson du Forçat de Serge Gainsbourg, Vive ma Liberté d’Arno et Madame Rêve d’Alain Bashung) qui accompagne la retranscription audio de concerts donnés en {{date}}, à Mulhouse (salle Noumatrouff) et à Montpellier (salle Victoire 2) et mixé par Christophe Menenteau (ingénieur du son des lives du groupe) dans Double (commercialisé en {{date}}). Lofofora retrouve les planches à l’occasion du Sriracha Tour (mai) et de certains festivals lors de l’été. À l’automne, Farid Tadjene quitte définitivement Lofofora pour se consacrer au projet In Vivo qu’il a fondé avec Djamal de Kabal. Il est remplacé par Daniel Descieux, le guitariste de Sarkazein et de Noxious Enjoyment que connaît Phil Curty qui joue également dans ce dernier groupe.

À la fin de l’année 2001, Lofofora répète en vue d’un nouvel album. Les compositions sont retardées par le départ brutal, en {{date}}, du batteur Edgar Mireux, remplacé par Pierre Belleville (Artsonic et ex-Yo! Pizza Jump. Deux semaines après son arrivée, le groupe joue sur la grande scène des Eurockéennes de Belfort où il invite le chanteur de Watcha (sur Ici ou ailleurs) et celui d’Astonvilla, Frédéric Franchitti (sur Madame Rêve). Cependant, la prestation n’est pas à la hauteur de ses performances scéniques habituelles, le groupe cherchant des marques qu’il trouve pleinement en tant que tête d’affiche du troisième tour du Sriracha Sauce, en octobre, pour fêter les dix ans de la structure. En effet, Lofofora achève la composition, dans le sud ouest de la France, à la fin de l’été, ce qui donne Le Fond et la Forme, enregistré par Ken Ploquin, au studio RDPC de Paris, en {{date}} et commercialisé en janvier de l’année suivante.

Second line-up : trois albums et une notoriété grandissante (2003-2008)

En tournée, Lofofora retrouve un public plus large, composé de nouvelles générations (15-20 ans) qui découvrent le pionnier de la fusion en France par Le Fond et la Forme, ce qui lui permet d’être la tête d'affiche de nombreux festivals à l’été 2003. Le groupe se plie pour la première fois à une promotion plus conséquente (tournée en show case à la Fnac, passage à Top of the pops sur France 2», dans le Fou du roi sur France Inter de Stéphane Bern le {{date}}, l’occasion d’interpréter {{unité}} de T.N.T. de Jacques Higelin) et Le Mouv’ et Ouï FM les redécouvrent et les diffusent. Le DVD Lames de fond ({{date}}), réalisé par Christophe Menanteau les {{1er}} et {{date}} à {{la Cigale}}, à Paris, témoigne de la renaissance de Lofofora après les tensions survenues en son sein.

Les choses qui nous dérangent est le second album du nouveau line-up de Lofofora dont les compositions sont davantage tournées vers le punk et où les textes de Reuno sont plus dépouillés. Enregistré au Pressoir par une pointure de la scène rock française, Fred Norguet, il sort dans les bacs en {{date}}. En octobre, Lofofora et Parabellum font douze dates en communs en France et en Suisse, lors de la tournée intitulée « un Cactus dans le chargeur ». Lofofora et Parabellum partagent aussi l'affiche des 5 ans du BetiZFest. Enfin, Lofofora effectue une tournée au Québec en {{date}}.

Après une résidence au Moulin de Brainans, à l'été 2005, et quelques mois à composer aux studios Mains d'œuvres à Saint-Ouen, Lofofora enregistre, en {{date}}, Mémoires de singes, le sixième album studio, qui sort le {{date}}. Il est enregistré au studio des Milans, par Laurent Etxemendi, et comporte un morceau en collaboration avec King Ju de Stupeflip, Torture, coécrit avec Reuno. King Ju signe aussi la pochette de l'album, travail qui incombe habituellement à Phil, le bassiste du groupe. Sans temps mort et plus rentre dedans que les précédents opus, Mémoires de singes surprend d'abord par son son : la patte de Laurent Etxemendi efface quelque peu le son habituel de Lofofora et l'oriente vers quelque chose de plus lisse (guitares mises en avant au détriment de la basse, voix très "produite" notamment sur le morceau Nuit blanche, etc, comme le soulignent les chroniques de Visual Musique ou de Fenec.

Avec un peu d'avance, Lofofora fête ses 20 ans avec la sortie d'un coffret regroupant cinq de ses albums, dont certains n'étaient plus distribués, en {{date}}.

Troisième line-up : de Monstre Ordinaire à L'Épreuve du Contraire (2009-Aujourd'hui)

{{refnec}}

Les membres de Lofofora rejoignent le Bal des Enragés, collectif comprenant des membres de Parabellum, Tagada Jones, Loudblast{{etc}}, pour reprendre des standards du rock, punk, metal ou indus, lors de trois tournées (13 dates en janvier et février 2010, 19 dates en avril et mai 2011 et une tournée lors de l'hiver 2012/2013) et qui donnera naissance à l'album Le grand retour (avril 2013).

En {{date}}, le groupe annonce, sur son site internet officiel, l'enregistrement d'un nouvel album, au mois de juillet, au Rec-Studio (Genève), sous la houlette de Serge Morattel (Hateful Monday, Knut (groupe)). L'album, intitulé Monstre Ordinaire, sort dans les bacs le {{date}} et « se veut plus metal et plus sombre que les précédents.».

{{refnec}}

Un groupe engagé

Lofofora est considéré comme le « parrain » par de nombreux groupes (Carcharias, Ekova, Eyeless, Oneyed Jack, Masnada, Mass Hysteria, Tripod, Watcha, Kabal, etc.) qu’il a contribué à faire connaître en les faisant jouer en premières parties mais, surtout, en les intégrant dans sa structure de management, Sriracha Sauce. Au sein de cette dernière, Lofofora fait figure de locomotive pour financer l’association ainsi que pour promouvoir les autres talents. Dans ce but, Lofofora crée, avec Philippe Roizès, journaliste à Rage, un fanzine céé en {{date}} qui devient rapidement celui de Sriracha Sauce. L’histoire de Lofofora est intimement liée à Sriracha jusqu’à la fermeture de cette dernière, en 2006.

L’entourage du quartet en concert est entièrement composé d’individus ayant œuvré au sein de Sriracha (Gigi, la régisseuse qui avait officié pour X Syndicate, Ludo au merchandising, Yoda ingénieur lumière, l’un des trois rappeurs de la Calcine depuis 1999, tout comme DJ Tag Off, backliner).

Invitant régulièrement des stands d’associations locales et politiques lors de ses concerts, Lofofora donne de nombreux concerts de soutien au fil des ans, notamment au SCALP, à différentes associations de mal logés, au Mouvement de l'immigration et des banlieues ({{date}}), au Monde libertaire ({{date}}), au Zapatiste du Chiapas ({{date}}), à la Fédération anarchiste ({{date}}), à l’association Orphelins sida international (quinze dates en {{date}}), contre la Guerre en Irak ({{date}}), etc.

Les textes de Reuno abordent souvent de manière incisive les maux de notre société. Bien qu’il réfute l’étiquette de « chanteur engagé » et d’être un « brandisseur d’étendard », préférant voir dans ses chansons ses « états d’âme personnels » et ses « réactions » face au monde qui l’entoure, ses textes dénoncent le racisme, le Front national et l’extrême droite (No Facho, l’Œuf, Alarme citoyens, La Tsarine), le négationnisme (Amnes’History), les sphères médiatiques dominantes et les experts à gages (Justice pour tous, Really TV, Intox Populi), le système néo-libéral (Rêve et crève en démocratie, Social killer, Employé du mois), l’impérialisme américain (Nouveau monde, Mondiale paranoïa), l’individualisme et la bêtise crasse (Holiday in France, Les gens), le nationalisme (Tricolore) ou aborde le Conflit israélo-palestinien (Comme à la guerre). Souvent critiqué comme étant un donneur de leçons, il a composé, en 1999, Charisman, dont les paroles mettent en garde contre la fascination qu’exercent les beaux parleurs et le pouvoir des mots dont ceux des « chanteurs de rock, de rap, de variété ». De même, il compose, avec DJ Tag Off, Rock’n’roll class affaire (2005) qui tourne en dérision les groupes « pas authentiques » qui prennent « un air énervé » en surfant sur la mode de la contestation et du néo-métal à l’américaine. Enfin, il est indéniable que le succès de Lofofora – outre ses compositions – provient pour une part du charisme de son chanteur, de la qualité de ses textes (puisant son inspiration dans l’univers du dessinateur Charles Burns ou du romancier Jim Thompson{{,}}) ainsi qu’à l’intelligibilité de ses paroles sur disques comme sur scène.

Après Parabellum (Anarchie en Chiraquie, 1988), Lofofora reprend le mythique Anarchy in the UK des Sex Pistols, composé en 1976. Jouant ce titre lors de ses concerts depuis 2005, le quartet ne peut cependant enregistrer Anarchie en Sarkozy par le refus de Warner Chappel Édition qui détient les droits des Sex Pistols.

L'engagement du groupe est remis en cause par quelques détracteurs du fait de sa présence à des fins d'auto-promotion sur le site myspace appartenant à la transnationale des médias News Corporation de Rupert Murdoch, en toute connaissance de cause, rejette le bien-fondé du document Keep Myspace out of Punk au prétexte qu'il s'agirait d'une « théorie » du « groupe mort » qu'est, selon Reuno, les Bérurier Noir.

{{citation}}