Wiesel, Élie (1928-....)
Biographie
Elie Wiesel a une enfance pauvre, mais heureuse, à Sighet, dans la région de Marmatie (Roumanie) d'abord épargné par la guerre. Mais à 15 ans, comme tous les Juifs de la zone hongroise de Transylvanie, il est déporté avec sa famille par les nazis à Auschwitz-Birkenau, puis Buchenwald. Il y perdra sa mère et une de ses trois sœurs, ainsi que son père malade, avec qui il avait passé tout son temps en déportation. Le récit de cette captivité se retrouve dans l'ouvrage (d'une véracité discutée) La Nuit. Les deux autres sœurs d'Elie Wiesel, Hilda et Bea, déportées elles aussi, ont survécu.
{{article connexe}} Libéré par les Américains, il arrive au Préventorium d'Écouis dans l'Eure et passe une dizaine d'années en France, à Paris, durant lesquelles il fait des études de philosophie à la Sorbonne. Apatride, il écrit pour le quotidien israélien Yediot Aharonot, ce qui lui permet de parcourir le monde et de rencontrer d'importantes personnalités, des artistes, des philosophes, et des chefs d'État ; il se lie d'amitié avec François Mauriac (qui l'aidera à publier sa toute première œuvre, La Nuit) et Golda Meir.
Elie Wiesel ({{7e}} homme couché sur la {{2e}} rangée en partant du bas) lors de la libération du camp de Buchenwald.
À trente ans, il commence à décrire son expérience concentrationnaire, à témoigner pour les victimes de la Shoah. Ainsi commence une longue œuvre littéraire. Outre une quinzaine de romans, Elie Wiesel est l'auteur de quatre pièces de théâtre, de nombreux essais traitant de sujets d'actualité, de judaïsme (avec notamment la série des Célébrations : hassidique, biblique, talmudique, prophétique, en attendant un prochain volume « mystique »), le lien entre tous ces ouvrages se situant dans la défense de la Mémoire. Plus qu'un romancier, un dramaturge ou un essayiste, Elie Wiesel se définit avant tout comme un conteur. Devenu citoyen américain en 1963, il obtient une chaire en sciences humaines à l'université de Boston. Il a entre autres soutenu la cause des juifs d'Union soviétique.
Il se marie à l'âge de 41 ans et est père d'un enfant, Elisha.
Il apparait trois fois dans Italiques en 1972 et 1973.
Il fonde en 1980 le conseil de l'Holocauste américain, et dénonce cinq ans plus tard la visite de Reagan au cimetière militaire allemand de Bitburg.
Témoin lors du procès Barbie qui s'est tenu à Lyon du 11 mai au 4 juillet 1987, il inaugure le Centre d'histoire de la résistance et de la déportation le 15 octobre 1992.
Lors de l'inauguration du musée du Mémorial de l'Holocauste des États-Unis à Washington, le 22 avril 1993, il tente de sensibiliser le président des États-Unis Bill Clinton à la guerre de Bosnie-Herzégovine par ces termes : {{Citation}} Le 16 avril 1993, l'Organisation des Nations unies avait adopté la résolution 819 concernant la mise en zone de sécurité de la ville de Srebrenica, habitée principalement par une population musulmane et qui était assiégée par les forces serbes de Bosnie menées par le général Ratko Mladić. Le massacre de Srebrenica aura lieu deux ans plus tard, en juillet 1995.
Peu après avoir reçu le prix Nobel, il fonde avec son épouse la Fondation Elie Wiesel pour l'humanité{{,}}. Durant plus de deux décennies, cette Fondation lutte pour la mémoire de l'Holocauste et contre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice, en particulier en organisant des actions de dialogue international et de sensibilisation de la jeunesse. Mais en décembre 2008, la Fondation annonce que la quasi-totalité de ses fonds propres (équivalant à 15,2 millions de dollars) se sont évaporés dans l'escroquerie montée par Bernard Madoff. Il a alors des propos particulièrement durs à l'égard de Madoff, expliquant que {{Citation}} et justifiant même une forme de torture psychologique à son égard {{Citation}}.
Il préside, depuis sa création en 1993, l'Académie universelle des Cultures. Il a reçu, en 2005, le Prix Lumière de la vérité pour son action en faveur des Droits de l'Homme et du peuple tibétain.
Ses œuvres ont également reçu plusieurs prix littéraires.
Le {{Date}}, il écrit dans le San Francisco Chronicle : {{citation}}. Elie Wiesel affirme croire Colin Powell — {{citation}} — quand il affirme que l'armée irakienne possède des armes de destruction massives. Il a depuis regretté cette prise de position.
En octobre 2006, le Premier ministre israélien Ehud Olmert lui propose le poste de Président de l'État d'Israël, en remplacement de Moshe Katsav. Elie Wiesel refuse l'offre en expliquant qu'il n'est « qu'un écrivain ».
En 2010, il publie Rashi, ébauche d'un portrait (en mars) et son quinzième roman, Otage (en août). En décembre 2010, il donne un concert à New York, Memories and Melodies of my Childhood, enregistré sur DVD.
En 2011, il subit une opération à cœur ouvert, et raconte son cheminement après cette opération dans Cœur ouvert.
La même année, il prend la tête du conseil d'administration d'Elad, un groupe de colons israéliens d'extrême droite gérant un parc archéologique situé en plein cœur du quartier palestinien de Silwan à Jérusalem. Le journaliste Benjamin Barthe indique : {{citation}}. Elie Wiesel se défend en affirmant : {{citation}}.
Elie Wiesel est membre d'honneur du Club de Budapest.
Il annonce être à l'écriture d'un ouvrage en collaboration avec Barack Obama en novembre 2012.
Il est présent lors du discours au Congrès des États-Unis par le Premier ministre d'Israël, Benjamin Netanyahu, le mardi 3 mars 2015, sur la menace nucléaire de l'Iran, et Netanyahu s'adresse directement à lui durant ce discours, sous les applaudissements du Congrès des États-Unis.