Durrell, Lawrence (1912-1990)
Biographie
Né à Jalandhar (dans la région de Pendjab) d'un père ingénieur en génie civil anglais, Lawrence Samuel Durrell, et d'une mère irlandaise protestante, Louisa Florence Dixie, eux-mêmes nés dans l'Empire des Indes. Envoyé au Royaume-Uni à l'âge de 11 ans pour faire son éducation, il subit la vie britannique qu'il considère comme une corvée, et finit par refuser de passer ses examens à l'université. Il veut être écrivain et publie son premier roman, Petite musique pour amoureux (Pied Piper of Lovers) en 1935, et un deuxième, Panic Spring, en 1937, cette fois sous le pseudonyme de Charles Norden.
1935 est pour lui une année décisive. Il persuade sa mère, sa famille et sa femme Nancy Myers (1912-1983) d'aller s'installer sur l'île grecque de Corfou, afin d'y vivre plus simplement et d'échapper à la rigueur du climat britannique. C'est également cette année-là qu'il décide d'écrire à Henry Miller après avoir lu son Tropique du Cancer (1934). Cette première lettre est le début d'une amitié qui allait durer 45 ans. Après six ans passés à Corfou et Athènes, Durrell et sa femme sont contraints de fuir la Grèce en 1941 du fait de l'avancée de l'armée allemande. Ils s'installent sur l'autre rive de la Méditerranée, avec leur fille Penelope Berengaria, née en 1940.
En 1942, séparé de sa femme, Durrell déménage à Alexandrie et devient attaché de presse pour le British Information Office, poste qui lui sert de « couverture » pour s'inspirer de la vie égyptienne durant la Seconde Guerre mondiale et gagner sa vie. C'est dans cette ville qu'il rencontre Eve Cohen (décédée en 2004), une juive d'Alexandrie qui deviendra son modèle pour le personnage de Justine dans le roman éponyme, premier tome du cycle romanesque Le Quatuor d'Alexandrie, également appelé Livre des Morts (Book of the Dead). Durrell l'épouse en 1947, après avoir divorcé de Nancy Myers. Ils auront une fille, Sappho Jane, en 1951.
En 1945, Durrell peut retrouver la Grèce. De mai 1945 au {{date}}, il passe deux ans à Rhodes comme directeur des relations publiques pour les Îles du Dodécanèse. Puis il quitte Rhodes pour l'Argentine, où il occupe le poste de directeur du British Institute à Cordoba en 1947 et 1948. Il revient en Europe en 1949, période pendant laquelle il est attaché de presse à Belgrade, en Yougoslavie (jusqu'en 1952). Il en tire la chronique diplomatique douce-amère Les Aigles blancs de Serbie (White Eagles Over Serbia), publiée en 1957.
Durrell retrouve le monde grec qu'il aime tant en 1952. Il achète une maison à Chypre, espérant pouvoir y trouver la sérénité nécessaire à l'écriture. Il y enseigne la langue et la littérature anglaises. Mais la tranquillité de Chypre est brutalement rompue par les combats entre les Chypriotes grecs, qui souhaitent le rattachement au continent, les Britanniques, qui espèrent faire de Chypre une colonie, et les Chypriotes turcs, qui souhaitent l'indépendance de l'île. Durrell, qui avait pris le poste d'officier chargé des relations publiques de la Couronne britannique à Nicosie, raconte ses impressions relatives à cette période troublée dans Citrons acides (Bitter Lemons, 1957).
À Chypre, Durrell commence à travailler sur ce qui allait devenir Le Quatuor d'Alexandrie. Après son départ forcé (encore un) de l'île en proie à la guerre, Durrell s'installe à Sommières, dans le sud de la France, entre Montpellier et Nîmes.
Durrell se remarie deux fois encore. La mort en 1967 des suites d'un cancer de sa troisième femme, Claude-Marie Vincendon, épousée en 1961, le ravage. Son quatrième et dernier mariage, avec Ghislaine de Boysson (1927-2003), célébré en 1973, prend fin en 1978. Il est également très affecté par le suicide de sa fille Sappho Jane en 1985.
Lawrence Durrell est mort à Sommières le {{date}}, emporté par une crise cardiaque qui a mis fin à un long combat contre l'emphysème.
Il est le frère de Gerald Durrell, zoologiste et naturaliste (1925-1995).
Dans la maison qui fut la sienne pendant les derniers ans de sa vie, l'idée avait été suggérée qu'à son décès un petit institut vienne la remplacer, sous condition de subventions, pour l'étude de travaux littéraires : cette suggestion n'a pas été respectée, et la maison ayant été finalement vendue en 1998, dans un anonymat singulier, mais semblable à celui qu'avait su maintenir l'écrivain autour de sa personne.