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Aristophane (0445?-0386? av. J.-C.)

Biographie

Les quelques documents anciens qui nous sont parvenus sur la vie d'Aristophane ne nous apprennent que très peu de chose.

Aristophane naquit vers 445 {{av JC}}, à l'époque où débuta la construction du Parthénon ; il était le fils de Philippos, du dème de Cydathénéon, de la tribu Pandionis : il était donc Athénien de naissance, comme le confirme une liste de prytanes de cette tribu où figure le nom du poète qui occupa cette charge vers la fin de sa vie ; il semble que ses parents aient été clérouques à Égine vers 430 av. J.-C. Il débuta très jeune au théâtre, alors qu'il n'était pas encore un éphèbe, c'est-à-dire sans avoir atteint l'âge de dix-huit ans, et il se fit connaître par deux pièces aujourd'hui perdues : Les Détaliens (427) et les Babyloniens (426). Ces deux pièces, ainsi que Les Acharniens, furent représentées sous des prête-noms, car Aristophane, qui s'était lancé dans la satire politique la plus virulente, n'ignorait pas qu'il risquait un retour de bâton ; malgré cette mesure de prudence, Les Babyloniens, joués aux Grandes Dionysies, valurent peut-être à Aristophane la menace d'un procès devant le Conseil des Cinq-Cents, mais les faits, rapportés dans certaines scholies, ne sont pas attestés. Les Acharniens, joués sous le nom d'un acteur, Callistratos, furent couronnés de succès aux Lénéennes en 425 avec le premier prix. L'année suivante, Aristophane obtint de nouveau le premier prix aux Lénéennes avec Les Cavaliers, pièce dans laquelle il décochait les traits de sa verve la plus acérée contre le démagogue Cléon ; celui-ci le menaça de le traîner devant les tribunaux. Il est vraisemblable que pour éviter une condamnation, Aristophane dut promettre de modérer ses attaques contre Cléon à l'avenir (un passage des Guêpes le donne à penser), et le puissant démagogue retira alors sa plainte{{,}}. Aux Grandes Dionysies de 423 {{av JC}}, le poète essuya un échec avec Les Nuées. Nous ne savons rien du reste de sa carrière dramatique qui semble s'être poursuivie sans encombres, durant les années suivantes.

Quant à sa vie privée, elle nous demeure presqu'entièrement obscure. Aristophane a eu, selon la tradition, trois fils, dont seul le premier, Ararôs, nous est un peu connu : il fut lui aussi poète comique et remporta la victoire en 387 {{av JC}} aux Dionysies avec la pièce intitulée Côcalos, une comédie écrite par le père pour favoriser le succès de son fils. Ses deux derniers fils, qui se prénommaient Philippos et Nicostratos (d'après Apollodore) ou Philétairos (selon Dicéarque), étaient metteurs en scène, en grec {{Lang}} . Mais la formation d'Aristophane, ses études littéraires, son caractère ne peuvent faire l'objet que de conjectures : Victor-Henry Debidour imagine qu'il a vécu dans la campagne attique, dont il aime et connaît si bien la vie paysanne, et il est évident qu'il a reçu une solide éducation littéraire, lui qui cite Euripide (dont il se moque souvent), Sophocle et Eschyle. En outre, il est possible qu'il fut un ami de Socrate, comme semble en témoigner Le Banquet de Platon. Les idées professées par Aristophane au cours dudit banquet ne laissent pas de surprendre par leurs contradictions et les perplexités qu'elles soulèvent : l'homme que fut Aristophane est sans doute d'abord celui qui soumet tout à une seule loi, celle du « rire à déchaîner. » On ne peut toutefois pas totalement écarter l'idée que Platon ait délibérément mis dans la bouche d'Aristophane des propos contraires aux convictions affichées de celui-ci, ce qui apparaîtrait dès lors comme une réplique au traitement que fait Aristophane du personnage de Socrate, pris comme cible de ses moqueries dans Les Nuées.

L'assemblée des femmes, Les cavaliers
LivresDisponible
Publication
Paris : Flammarion, DL 2019
Date de publication
2019