Sevran, Pascal (1945-2008)
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Biographie
Né à Paris d'un père chauffeur de taxi communiste et d'une mère couturière espagnole, il ne montre que très peu de goût pour les études et s'intéresse davantage à la chanson.
Au début des années 1960, il fréquente avec assiduité l'émission télévisée du Petit Conservatoire de Mireille, où il apprend l'art du spectacle. Il est alors garçon-coiffeur, mais le mari de Mireille, l'écrivain et philosophe Emmanuel Berl, le prend sous son égide et guide son parcours intellectuel.
Écrivain, chanteur et parolier
Pascal Sevran est entré en littérature avec Le Passé supplémentaire, roman paru chez Orban en 1979, récompensé par le prix Roger-Nimier. En 1980, il sort Vichy dancing, suivi en 1982 dUn garçon de France, adapté au cinéma par Guy Gilles. La carrière d'animateur de télévision absorbera ensuite Pascal Sevran. Il enregistre plusieurs 45-tours (Les Petits Français, disques Orlando), des albums (Succès français, 1991), se produit sur scène (notamment à l'Olympia) et il est plusieurs fois décoré (officier des Arts et des Lettres, chevalier puis officier de la Légion d'honneur, etc.).
Il revient au livre en 1995 avec Tous les bonheurs sont provisoires, chez Albin Michel. En 1998, il fait paraître Mitterrand, les autres jours, récit de son amitié avec l'ancien président de la République française. À partir de l'an 2000, il publie chaque début d'année un volume de son journal intime. Cela lui vaut de conquérir un vaste public. Le {{8e}} et dernier tome de son Journal s'arrêtait en novembre 2006.
Pascal Sevran, malgré sa maladie, continuait d'écrire. La Vie sans lui (2001), dans lequel il raconte dans son journal intime de l'année 1999 la mort de son compagnon Stéphane Chomont le 16 octobre 1998 et le deuil qui a suivi, reste son best-seller (104000 exemplaires vendus), les sept autres volumes approchaient les 60000 ventes.
Il est aussi l'auteur de paroles de chansons, notamment dIl venait d'avoir 18 ans, Ta femme, Ma vie je la chante, Comme disait Mistinguett pour Dalida.
Animateur
Il a animé pendant dix-sept ans l'émission de télévision La Chance aux chansons, sur TF1 de 1984 à 1991 (a débuté à FR3 Limoges), puis sur France 2 jusqu’en décembre 2000, où il découvre de nombreux talents, du musicien français Igor Baloste à la star française Patricia Kaas, jusqu'à ce que la direction de la chaîne décide de supprimer l'émission afin d'en faire évoluer le concept. Cet arrêt a suscité de nombreuses réactions de la part des spectateurs. La Chance aux chansons a été suivie jusqu'en 2007 par Chanter la vie et Entrée d'artistes. Ouvertement homosexuel, Pascal Sevran animait une émission littéraire de Pink TV, Bibliothèque Pink : on casse les prix.
Il a aussi animé aux côtés d'Arthur les premières Fureur de la chanson sur France 2 avant que l'émission ne passe sur TF1.
Présentateur de télévision
- 1981 : Croisée des chansons (TF1)
- 1983 : Laisser passer la chanson (FR3)
- 1984-2000 : La Chance aux chansons (TF1), (Antenne 2) et (France 2)
- 1995-1996 : La Fureur du samedi soir (France 2)
- 1996 : Sevran en chantant (France 2)
- 1998 : La boîte à troubadours (France 3)
- 1997-1999 : Surprise Party (France 2)
- 2001-2007 : Chanter la vie (France 2)
- 2003 : Docteur Renaud, mister renard (France 2)
- 2004-2007 : Entrée d'artistes (France 2)
- 2005 : Bibliothèque Pink : on casse les prix ! (Pink TV)
Politique
Ami de la chanteuse Dalida dans les années 1970, il fait par son intermédiaire la connaissance de François Mitterrand, alors candidat à la présidence de la République. Pascal Sevran lui apporte son soutien, et défile à ses côtés le jour de la victoire du camp socialiste aux élections de 1981. Un peu plus tard, il est nommé chargé de mission auprès du ministère de la Culture et figure dans le cercle des amis intimes du chef de l'État (accompagnant chaque année celui-ci lors de sa traditionnelle ascension de la roche de Solutré). Après la mort de François Mitterrand, ne se reconnaissant plus dans le programme de « ses héritiers politiques », il affiche volontiers son soutien à Nicolas Sarkozy, tout en gardant sa sympathie pour Bertrand Delanoë et Jack Lang.
Polémique
Une interview dans le quotidien Var-Matin du 2 décembre 2006 au sujet de son roman Le Privilège des jonquilles avait provoqué une vive polémique. À Lionel Paoli, journaliste à Nice-Matin, qui entendait résumer un propos du livre en disant : « dans Le Privilège des Jonquilles, vous affirmez que la bite des noirs est responsable de la famine en Afrique », Pascal Sevran répond : « Et alors ? C'est la vérité ! L'Afrique crève de tous les enfants qui y naissent sans que les parents aient les moyens de les nourrir. Je ne suis pas le seul à le dire. [...] J'écris ce que je pense, si des gens bien au chaud dans leur certitude ne supportent pas d'entendre ça [...] Oui, il faudrait stériliser la moitié de la planète ».
Le journaliste faisait référence au passage suivant ({{p.}}) : « Des enfants, on en ramasse à la pelle dans ce pays [le Niger] — est-ce un pays ou un cimetière ? — où le taux de fécondité des femmes est le plus élevé du monde, neuf enfants en moyenne par couple. Un carnage. Les coupables sont facilement identifiables, ils signent leurs crimes en copulant à tout va, la mort est au bout de leur bite, ils peuvent continuer parce que ça les amuse, personne n'osera leur reprocher cela, qui est aussi un crime contre l'humanité : faire des enfants, le seul crime impuni. On enverra même de l'argent pour qu'ils puissent continuer à répandre, à semer la mort ».
En réalité, une partie des critiques venant d'associations et des médias lui attribue à tort l'énoncé du journaliste. À la suite de cet entretien, plusieurs associations annoncent leur intention de porter plainte contre l'animateur pour incitation à la haine raciale. Pascal Sevran explique le 6 décembre, sur Europe 1 : « J'écris et je dis ce que je veux. Me considérer comme un néo-nazi est une belle connerie ».
Le 11 décembre, France 2 réagit officiellement par l'intermédiaire de Philippe Baudillon, directeur général, qui exprime au nom de la chaîne sa « vive émotion », sa « totale désapprobation », et adresse à Pascal Sevran une « très ferme mise en garde » dans une lettre rendue publique.
Fin de carrière
En {{nobr}}, ses deux émissions Chanter la vie et Entrée d'artistes sont finalement arrêtées, et Pascal Sevran annonce à la presse qu'il est malade et qu'il vient d'être opéré de la gorge.
Pascal Sevran meurt le {{nobr}}, à l'âge de {{Unité}}, des suites d'un cancer du poumon. Il est enterré le {{nobr}} à Saint-Pardoux, près de sa propriété familiale de Morterolles-sur-Semme (Haute-Vienne), aux côtés de son père, décédé en 2002, et de son compagnon Stéphane Chomont, décédé en 1998{{,}}.
Un projet de film sur la vie de Pascal Sevran, basé entre autres sur son premier journal La vie sans lui, est actuellement{{Quand}} à l'écriture.
En 2012, un don de {{unité}} de Pascal Sevran au profit de la Ligue contre le cancer est découvert.